Francontraste 2023

Section Sciences du langage MENG Yiqing

MENG Yiqing
Université de Bourgogne, France

La genèse des caractères chinois dans la perspective de Gustave Guillaume :
de l’observation à la conceptualisation du monde

Le facteur de « temps » dans la psychomécanique du langage de Gustave Guillaume occupe une place primordiale et marque bien l’esprit guillaumien selon lequel toute propriété linguistique est conçue comme un résultat d’un processus mental se déroulant dans le temps intitulé, le temps opératif. Dans cette perspective, il propose la notion de « lexigenèse » qui explique la formation mécanique du mot dont se composent deux types d’opérations engendrées par le système cognitif du sujet pensant : l’idéogenèse et la morphogenèse. Le premier lui donne un sens particulier, ou un « sémantème » avec une forme basique qui le fait différencier des autres ; le second lui fournit des formes grammaticales en orientant cette « base du mot » vers la partie du discours. L’ensemble de cette double opération se déroule aussi dans le temps opératif.

Compte tenu des enjeux temporels de la méthode guillaumienne, ma future présentation porte sur la genèse des caractères chinois. Conçu comme unité minimale de la chaîne parlée et aussi celle écrite, les caractères chinois ne sauraient être considérés comme de simples unités linguistiques, mais ce sont aussi des empreintes graphiques issues des activités cognitives des sinophones après la découverte et l’observation du monde physique. De ce sens, l’analyse de la genèse des caractères chinois consiste à analyser les liens intrinsèques entre les sinogrammes cognitivement motivés et leurs représentations physiques de la réalité, généralement parlant, les liens intrinsèques entre l’activité mentale et l’acte de s’exprimer.

Mots-clés : linguistique cognitive, psychomécanique du langage, Gustave Guillaume, lexigenèse, caractère chinois