{"id":148,"date":"2012-10-30T01:33:41","date_gmt":"2012-10-30T01:33:41","guid":{"rendered":"http:\/\/francontraste.is-great.net\/?page_id=148"},"modified":"2022-09-19T10:56:56","modified_gmt":"2022-09-19T10:56:56","slug":"section-traduction","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/francontraste.ffzg.unizg.hr\/2013\/?page_id=148","title":{"rendered":"Recueil des r\u00e9sum\u00e9s &#8211; Section Litt\u00e9rature"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/francontraste.ffzg.unizg.hr\/2013\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/Recueil-des-r\u00e9sum\u00e9s.pdf\" rel=\"noopener\"><span style=\"font-size: 14px;\"><strong>Recueil des r\u00e9sum\u00e9s<\/strong><\/span><\/a> <span style=\"font-size: 10px;\">( Pdf 700 KB )<\/span> <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone\" style=\"margin-top: -10px; margin-bottom: -10px;\" title=\"pdficn\" src=\"https:\/\/francontraste.ffzg.unizg.hr\/2013\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/pdficn.jpg\" alt=\"\" width=\"29\" height=\"30\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: 16px;\">Anti\u0107 Varja BAL\u017dALORSKY <\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Ljubljana, Facult\u00e9 des Arts<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Subjectivit\u00e9 et affectivit\u00e9 dans le po\u00e8me<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La communication abordera l&#8217;articulation la subjectivit\u00e9 et de l&#8217;affectivit\u00e9 dans le po\u00e8me, question qui a pr\u00e9occup\u00e9, on le sait, la majorit\u00e9 des th\u00e9ories de la po\u00e9sie dans l\u2019histoire. Il s\u2019agira de rapprocher deux perspectives th\u00e9oriques qui, de loin, paraissent tr\u00e8s divergentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un premier temps, nous allons traiter de la po\u00e9tique du discours d\u2019Henri Meschonnic en exposant sommairement ses notions-cl\u00e9s et pr\u00e9senter les apports cruciaux du travail de Meschonnic inspir\u00e9 par la th\u00e9orie du discours d&#8217;\u00c9mile Benveniste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous passerons ensuite \u00e0 la question de la subjectivit\u00e9 et de l&#8217;affectivit\u00e9 dans le po\u00e8me du point de vue des certaines th\u00e9ories dites non-\u00e9gologique du sujet (de F. Schleiermacher, de Novalis, de F. H\u00f6lderlin, de J.-P. Sartre) synth\u00e9tis\u00e9es par M. Frank.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la th\u00e9orie de Schleiermacher, l\u2019individu est irr\u00e9ductiblement li\u00e9 au langage structur\u00e9, lui, de la m\u00eame mani\u00e8re que l\u2019individu, c\u2019est-\u00e0-dire par la dynamique incessante de deux types de conscience de soi, pr\u00e9r\u00e9flexif (ou affectif) et r\u00e9flexif. Dans un \u00e9nonc\u00e9, la conscience pr\u00e9r\u00e9flexive s\u2019articule par ce que Schleiermacher appelle \u00ab style \u00bb. Englob\u00e9 dans l\u2019<em>energeia <\/em>de l\u2019\u00e9nonciation selon Schleiermacher, il nous semble que le style peut \u00eatre rapproch\u00e9 du syst\u00e8me s\u00e9mantique d\u2019\u00c9mile Benveniste, mais aussi de la conception sp\u00e9cifique du rythme chez Meschonnic.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s une mise en parall\u00e8le de ces deux perspectives, nous tenterons de proposer les possibilit\u00e9s de leur synth\u00e8se en introduisant trois modes subjectifs qui pr\u00e9sident \u00e0 la configuration subjective du texte po\u00e9tique tout en supposant l\u2019absence de hi\u00e9rarchie au niveau du syst\u00e8me discursif: le mode r\u00e9flexif, le mode pr\u00e9r\u00e9flexif ou affectif et le mode corporel.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Kriszti\u00e1n BENE<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de P\u00e9cs, Facult\u00e9 des Lettres<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>L\u2019affectivit\u00e9 dans les r\u00e9cits autobiographiques des volontaires fran\u00e7ais de l\u2019arm\u00e9e allemande<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&#8217;engagement et l&#8217;histoire des volontaires fran\u00e7ais dans les forces arm\u00e9es allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale sont des faits pratiquement inconnus pour le grand public (et \u00e9videmment peu trait\u00e9 dans l&#8217;historiographie fran\u00e7aise). Les survivants de ces formations militaires ont nous laiss\u00e9 une litt\u00e9rature de m\u00e9moires abondante qui constitue une source importante pour la meilleure connaissance de ce la collaboration militaire fran\u00e7aise. Cependant ces t\u00e9moignages surtout r\u00e9cemment publi\u00e9s ont un autre aspect m\u00e9connu, notamment celui des relations \u00e9motionnelles d\u00e9crites par les auteurs. Bien que ces volontaires soient trait\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise comme un ensemble de mercenaires et de tra\u00eetres (qui est souvent une constatation ad\u00e9quate), l&#8217;image est bien plus nuanc\u00e9e, car on y trouve des id\u00e9alistes, des intellectuels et des militants politiques qui sont anim\u00e9s par une certaine conviction id\u00e9ologique. Par cons\u00e9quent, l&#8217;analyse de ces r\u00e9cits permet de reconstituer la complexit\u00e9 des relations qui relient ces soldats \u00e0 leurs familles, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise et aux populations locales ayant connu pendant leur service. L&#8217;\u00e9tude affective de ces ouvrages souvent n\u00e9glig\u00e9s contribue \u00e0 l&#8217;enrichissement de nos connaissances concernant l\u2019arri\u00e8re-plan psychologique et \u00e9motionnel de ce ph\u00e9nom\u00e8ne particulier.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-size: 16px;\">Ferdaous BOUAINE <\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Carthage \/ Universit\u00e9 Lumi\u00e8re, Lyon 2<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>A c\u0153urs\u2026.. \u00e0 corps ou \u00ab pour une lecture passionnelle du tombeau d\u2019Ibn Arabi d\u2019A. Meddeb \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab je m\u2019\u00e9tais vu errant dans les pays, balbutiant tous les idiomes, touchant toutes les \u00e9critures, entrant et sortant, au hasard des rencontres, d\u2019une sc\u00e8ne l\u2019autre, admirant la trace des peuples, voyageant dans les temps, erratique, mutant, changeant, dans le miroir des m\u00e9tamorphose, au sort de la passion qui meut le monde \u00bb<\/em> . A.Meddeb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans nos textes, la parole et le monde ne cessent de se faire et de se d\u00e9faire. Le lien d\u2019amour, fascinant, labile, infiniment renou\u00e9, concerne en l\u2019un de ses degr\u00e9s seulement l\u2019homme et la femme, puisqu\u2019il s\u2019\u00e9tend \u00e0 toute la cr\u00e9ation, aux rapports entre les \u00eatres et les \u00e9l\u00e9ments. La femme, cependant, est omnipr\u00e9sente, car c\u2019est elle qui motive le principe m\u00eame de toute relation aimante. C\u2019est elle qui inspire le d\u00e9sir et l\u2019incite \u00e0 se purifier de toute vell\u00e9it\u00e9 pr\u00e9datrice. C\u2019est elle enfin qui suscite l\u2019utopie du texte, c\u2019est elle qui ram\u00e8ne \u00e0 Dieu, \u00ab aimer dieu ou aimer la femme ou l\u2019un \u00e0 travers l\u2019autre voil\u00e0 ce qui fait la particularit\u00e9 de l\u2019\u00e9rotique arabe \u00bb selon Jamel Ben Chiekh.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 ce qui motive la pr\u00e9sence de la femme aim\u00e9e dans un texte qui avoue d\u00e9s le titre sa vocation mystique, pr\u00e9sence qui installe la pluralit\u00e9 des corps; et c&#8217;est cette pluralit\u00e9 qui va permettre le mouvement vers le d\u00e9passement des contraires, leur conjonction gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;union amoureuse. La pr\u00e9sence du corps de la femme motive un \u00e9lan d\u2019un corps \u00e9clat\u00e9 vers l&#8217;union dans laquelle il r\u00e9tablit son unit\u00e9 essentielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le corps dans le Tombeau d\u2019Ibn Arabi, n\u2019est pas un corps malade, c\u2019est un corps en transe (stance 42 \u2013 47- 48). En effet, l\u2019\u00e9criture de la travers\u00e9e obtient son mouvement du langage qui saisit le corps, un langage inconnu qui permet l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;une parole inaugurale qui dit l&#8217;exp\u00e9rience du corps en transe. L&#8217;\u00e9tranget\u00e9 langagi\u00e8re correspond alors \u00e0 celle du corps dont l&#8217;exp\u00e9rience d\u00e9clenche l&#8217;acte d&#8217;\u00e9criture ; et l&#8217;\u00e9criture r\u00e9v\u00e8le le corps comme lieu du langage, st\u00e8le sur laquelle la voix inconnue inscrit sa dict\u00e9e. Le corps appelle le corps, et c&#8217;est le corps de l&#8217;autre -la femme- qui appara\u00eet et se d\u00e9voile transfigur\u00e9 en jardin paradisiaque, lors de la rencontre dans le jardin parisien. Le d\u00e9sir amoureux motive l&#8217;\u00e9veil des sens qui m\u00e8ne \u00e0 la naissance du corps transfigur\u00e9, \u00e0 travers sa parole inaugurale : le cri ensuite la danse. La naissance du corps dans l&#8217;extase lui procure le d\u00e9tachement et la disponibilit\u00e9 n\u00e9cessaires pour une vision neuve du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous essayerons dans un premier temps de souligner l\u2019importance du corps dans la pens\u00e9e passionnelle soufie, pour montrer par la suite que l\u2019amour de la femme n\u2019est qu\u2019un support \u00e0 l\u2019adoration divine.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><!--nextpage--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Nicoleta COJOCARIU<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 \u00ab Alexandru Ioan Cuza \u00bb Iasi, Roumanie \/ Universit\u00e9 Paris Est Cr\u00e9teil, France<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Passions et conscience de soi dans l\u2019\u00e9criture autobiographique d\u2019Anna de Noailles<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous proposons dans notre communication de faire l\u2019\u00e9tude des passions face \u00e0 la conscience de soi dans l\u2019autobiographie <em>Le livre de ma vie<\/em> de la comtesse de Noailles. Il s\u2019agit dans ce propos d\u2019analyser les strat\u00e9gies des passions et la force de la conscience, ph\u00e9nom\u00e8nes employ\u00e9s par la plus c\u00e9l\u00e8bre po\u00e9tesse de la Belle \u00c9poque dans <em>Le livre de ma vie<\/em> pour dire son propre moi. La comtesse de Noailles a 54 ans lorsqu\u2019elle commence \u00e0 \u00e9crire son autobiographie atypique. Avant la publication de ce livre, Anna de Noailles menait une vie sociale r\u00e9guli\u00e8re, s\u2019impliquant dans des activit\u00e9s litt\u00e9raires, artistiques, mondaines m\u00eame politiques. Le r\u00e9cit d\u2019Anna de Noailles n\u2019est pas structur\u00e9, le fil est plut\u00f4t litt\u00e9raire et g\u00e9ographique, la po\u00e9tesse se d\u00e9pla\u00e7ant d\u2019un lieu \u00e0 un auteur au gr\u00e9 de ses affinit\u00e9s et passions. L\u2019une de ses plus fortes passions illustr\u00e9e au long du r\u00e9cit chante le culte de l\u2019enfance. Aupr\u00e8s du chant de ses passions la conscience de soi se r\u00e9v\u00e8le dans ce qu\u2019elle consid\u00e8re le bienfait de l\u2019\u00e9criture personnelle : la possibilit\u00e9 d\u2019entendre le son de sa propre voix, le sentiment de l\u2019\u00e9motion charnelle, les vibrations physiques et m\u00eame la respiration. La conscience de soi devient ainsi un marqueur de son identit\u00e9 \u00e0 un moment pr\u00e9cis de son histoire et de celle du pays et de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la po\u00e9tesse avait v\u00e9cu.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Daniela \u0106URKO<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Zagreb, Facult\u00e9 de philosophie et lettres<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Le jaune, le violet et le vert. Les couleurs et le sens<br \/>\ndans l\u2019\u0153uvre romanesque de Jean Giono<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019\u0153uvre romanesque de Giono, la couleur dans la description de l\u2019espace n\u2019a point une fonction mim\u00e9sique. Pourtant, loin d\u2019\u00eatre \u00ab un d\u00e9tail gratuit et insignifiant \u00bb, la couleur a un sens, ou plut\u00f4t des sens symboliques, sens qui peuvent \u00eatre antith\u00e9tiques. Ainsi le jaune et le vert sombre symbolisent-t-ils la mort et la pourriture. Soulignons que la couleur or est une nuance tout \u00e0 fait \u00e0 part avec un sens bien particulier \u2013 la nuance s\u2019inscrit dans la notion du dionysiaque, dans l\u2019id\u00e9al de la d\u00e9sindividuation, par cons\u00e9quent la couleur prend un sens positif. Si le jaune d\u2019or se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019utopie, le violet des romans antimodernistes de Giono s\u2019inscrit dans une repr\u00e9sentation n\u00e9gative de la civilisation moderne, donc dans la dystopie antimoderniste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les Chroniques romanesques la couleur or rejoint par son sens le violet en s\u2019inscrivant dans la probl\u00e9matique du divertissement et dans ses corollaires, l\u2019avarice et la perte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, nous verrons que la fonction des couleurs jaune, verte et violette dans une description particuli\u00e8re de l\u2019espace dans la macro-structure du roman est d\u2019\u00eatre soit l\u2019indice caract\u00e9riel ou l\u2019indice atmosph\u00e9rique, d\u2019apr\u00e8s la terminologie de Roland Barthes, soit de s\u2019inscrire dans la mise en abyme concentrante ou \u00e9clat\u00e9e \u2013 pour les derniers termes, nous avons eu recours \u00e0 la terminologie de J. Ricardou, reprise par Mieke Bal. Les deux formes de la mise en abyme font partie &#8211; ici Bal a recours \u00e0 son tour \u00e0 la terminologie de Charles Sanders Pierce &#8211; de la fonction iconique de la description.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Morgan FAULKNER<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 Laval (Qu\u00e9bec)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Traduire le \u00ab frisson \u00bb dans <em>\u00c9crire en pays domin\u00e9 <\/em>de Patrick Chamoiseau<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>\u00c9crire en pays domin\u00e9 <\/em>de l\u2019auteur martiniquais Patrick Chamoiseau, l\u2019affectivit\u00e9 se manifeste dans les r\u00e9f\u00e9rences intertextuelles captant les effets \u00e9motifs de la lecture sur le narrateur. Des commentaires sur les \u0153uvres de Faulkner, de C\u00e9saire et de Saint-John Perse, pour n\u2019en nommer que quelques-uns, brisent constamment la progression du r\u00e9cit et construisent, au long du texte, non pas une biblioth\u00e8que, mais une \u00ab <em>sentimenth\u00e8que<\/em> \u00bb (EPD, 24), dont le but \u00e9nonc\u00e9 est de traduire le \u00ab frisson \u00bb (EPD, 24) \u00e9voqu\u00e9 par la lecture. Cette communication propose d\u2019examiner le r\u00f4le de la \u00ab <em>sentimenth\u00e8que<\/em> \u00bb dans l\u2019interrogation sur l\u2019entreprise litt\u00e9raire chamoisienne, telle qu\u2019elle s\u2019exprime dans ce texte o\u00f9 essai, autobiographie et fiction s\u2019entrem\u00ealent. Nous nous int\u00e9ressons tout particuli\u00e8rement \u00e0 la relation entre l\u2019intertexte et le \u00ab Je \u00bb subjectif du narrateur qui interroge sa situation d\u2019\u00e9crivain, o\u00f9 il se trouve \u00e0 la fois domin\u00e9 et dominant. Domin\u00e9, il tente de lib\u00e9rer son \u00e9criture de l\u2019influence h\u00e9g\u00e9monique du centre \u00e9ditorial fran\u00e7ais et notamment de l\u2019imitation. Dominant, il s\u2019associe \u00e0 toutes les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s de la litt\u00e9rature mondiale. Nous nous proposons donc d\u2019analyser l\u2019affectivit\u00e9 traduite par la \u00ab <em>sentimenth\u00e8que<\/em> \u00bb dans son apparence de digression du r\u00e9cit et dans son rapport intime \u00e0 la probl\u00e9matique centrale du texte de Chamoiseau : comment forger une \u00e9criture qui lui est propre et qui r\u00e9sonne avec les contextes social, culturel et politique particuliers \u00e0 son \u00e9nonciation ? Autrement dit, \u00ab comment \u00e9crire, domin\u00e9 ? \u00bb (EPD, 17).<br class=\"none\"><br class=\"none\"><!--nextpage--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Andrea HYNYNEN<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 d\u2019\u00c5bo Akademi (Finlande) \/ Universit\u00e9 Paris 13<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Suspense et chocs \u00e9motifs comme proc\u00e9d\u00e9s narratifs f\u00e9ministes dans <em>J\u2019ai regard\u00e9 le diable en face <\/em>de Maud Tabachnik<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma communication explorera les diverses techniques narratives dont use Maud Tabachnik dans ses romans \u00e0 suspense (thrillers) pour transmettre une id\u00e9ologie f\u00e9ministe. Franck Thilliez (2012) d\u00e9finit le thriller comme un \u00ab genre de polar reposant essentiellement sur l\u2019action et le stress qu\u2019il suscite chez son lecteur \u00bb. Aussi le roman \u00e0 suspense diff\u00e8re-t-il des autres genres policiers classiques (Menegaldo &amp; Petit 2010), notamment du roman noir et du roman \u00e0 \u00e9nigme, m\u00eame si la classification tripartite \u00e9tablie par Todorov (1971) peut para\u00eetre dat\u00e9e vu l\u2019hybridation et la dissolution g\u00e9n\u00e9riques actuelles. Toujours est-il que le choc \u00e9motif, la surprise et la tension sont les \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s du thriller, qui est moins ax\u00e9 sur le d\u00e9tective et l\u2019enqu\u00eate que sur la victime ou la future victime. Certes, il arrive souvent que celle-ci devienne enqu\u00eatrice pour se prot\u00e9ger. En raison du c\u00f4t\u00e9 \u00e9motif fort du thriller, certains le regardent comme une sous-cat\u00e9gorie plut\u00f4t \u00ab f\u00e9minine \u00bb du roman policier, inf\u00e9rieure au roman noir et au roman \u00e0 \u00e9nigme. \u00c9videmment, il y a aujourd\u2019hui de nombreux auteurs de thriller masculins, mais il est vrai que le thriller est devenu un lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour des auteurs femmes s\u2019effor\u00e7ant de briser les st\u00e9r\u00e9otypes et traditions machistes du genre policier. Cette tendance est exemplifi\u00e9 par <em>J\u2019ai regard\u00e9 le diable en face<\/em> de Maud Tabachnik, qui y d\u00e9nonce les f\u00e9minicides notoires de Ciudad Juarez. Ce texte devient une critique s\u00e9v\u00e8re de la violence masculine gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019emploi d\u2019une femme enqu\u00eatrice, la focalisation sur la victime et sa souffrance extr\u00eame ainsi que l\u2019absence d\u2019un d\u00e9nouement rassurant qui r\u00e9tablisse l\u2019ordre.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Dijana KAPETANOVI\u0106-LJUBAS<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Sarajevo, Facult\u00e9 des Lettres<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Les manifestations subjectives de l\u2019auto-conscience auctoriale dans des prologues de r\u00e9cits m\u00e9di\u00e9vaux en vers<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la structure du texte m\u00e9di\u00e9val versifi\u00e9, le prologue et l\u2019\u00e9pilogue repr\u00e9sentent des endroits particuli\u00e8rement propices \u00e0 la transgression de l&#8217;anonymat auctorial. En effet, le narrateur (extra)di\u00e9g\u00e9tique d&#8217;un r\u00e9cit m\u00e9di\u00e9val en vers est cens\u00e9 y afficher sa pr\u00e9sence. L\u2019opinion et l\u2019affectivit\u00e9 de l\u2019auteur se manifestent par, d&#8217;un cot\u00e9, divers marqueurs discursifs de la subjectivit\u00e9 que lui-m\u00eame a consign\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9crit, et de l&#8217;autre cot\u00e9, par tout le graphisme textuel que l&#8217;\u00e9diteur critique moderne doit restituer avant de porter le texte \u00e0 son \u00e9tat lisible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre r\u00e9flexion s&#8217;articulera autour de deux axes principaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous interrogerons sur la fa\u00e7on dont l&#8217;architecture des prologues conditionne l\u2019expression du \u201eje\u201c et du \u201enous\u201c subjectif de l&#8217;auteur-narrateur. Nous verrons comment l&#8217;octosyllabe, vers typique du r\u00e9cit m\u00e9di\u00e9val, peut se r\u00e9v\u00e9ler comme \u00e9tant un facteur de contrainte ou de motivation dans l&#8217;expression des marqueurs de la subjectivit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous allons \u00e9galement d\u00e9montrer dans quelle mesure le choix, la fr\u00e9quence et surtout l&#8217;agencement de marqueurs discursifs de l&#8217;affectivit\u00e9 et de la subjectivit\u00e9 de l&#8217;auteur ont un impact sur le lecteur et sur le reste du r\u00e9cit \u00e0 narrer. De m\u00eame, notre analyse s&#8217;interrogera sur le passage du \u201eje\u201c au pronom \u201enous\u201c, fondateur d&#8217;une sorte de l&#8217;alliance entre l&#8217;auteur et le public cibl\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre \u00e9tude sera ainsi amen\u00e9e \u00e0 rep\u00e9rer et \u00e0 \u00e9claircir diff\u00e9rentes modalit\u00e9s de l\u2019\u00e9mergence d\u2019une auto-conscience auctoriale (propre \u00e0 la <em>subjectivit\u00e9<\/em> litt\u00e9raire) prenant appui dans les \u0153uvres de Marie de France et de Chr\u00e9tien de Troyes.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Ko\u0161\u010dec Marinko<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Zagreb, Facult\u00e9 de philosophie et de lettres de Zagreb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Le sujet ma<\/strong><strong>l<\/strong><strong> enfourn\u00e9 : <\/strong><strong>la dissolution comme principe g\u00e9n\u00e9rateur<br \/>\ndans <em>Univers, univers<\/em> de R\u00e9gis Jauffret<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019ouvrant sur le portrait d\u2019une bourgeoise qui attend le retour de son mari devant le four o\u00f9 un gigot est en train de r\u00f4tir, ce livre laisse deviner les pr\u00e9mices d\u2019un roman mim\u00e9tique, vou\u00e9 \u00e0 la constitution d\u2019un champ s\u00e9mantique coh\u00e9rent, ax\u00e9 sur les destins interconnect\u00e9s de quelques personnages. Or, \u00e0 peine introduite, l\u2019h\u00e9ro\u00efne d\u00e9serte son existence pour se glisser dans une autre, qu\u2019elle abandonne aussit\u00f4t et ainsi de suite ; le lecteur est aspir\u00e9 dans un tourbillon d\u2019identit\u00e9s et d\u2019histoires potentielles. Renon\u00e7ant \u00e0 toute \u00e9laboration ou approfondissement, le r\u00e9cit \u00e9tale des esquisses, dont l\u2019accumulation produit un effet de d\u00e9r\u00e9alisation. Cette \u00e9tude montrera qu\u2019<em>Univers, univers<\/em> est un dispositif complexe de sabotage des conventions litt\u00e9raires ; le personnage est atomis\u00e9, la subjectivit\u00e9 est substitu\u00e9e par une panoptique, la logique narrative est d\u00e9mantel\u00e9e par le refus de trier dans la virtualit\u00e9, d\u2019actualiser une variation aux d\u00e9pens des autres. L\u2019illusion romanesque est bris\u00e9e d\u00e8s l\u2019incipit, o\u00f9 le <em>vous<\/em> du lecteur entre en sc\u00e8ne et devient interchangeable avec les innombrables avatars du personnage principal, un v\u00e9ritable \u00abhomme-lette \u00ab lacanien, entit\u00e9 \u00aboc\u00e9anique\u00bb (selon Barthes), instance prot\u00e9iforme qui reste creuse malgr\u00e9 sa mutation permanente. Le r\u00e9sultat est une saturation intol\u00e9rable, un mouvement circulaire et obsessionnel de ce r\u00e9cit qui n\u2019avance pas bien qu\u2019il semble propuls\u00e9 par la volont\u00e9 d\u2019\u00e9puiser le monde. Le r\u00e9cit semble receler une interrogation de notre conception de la personne ; cet espace psychologique et symbolique que l\u2019on per\u00e7oit normalement comme unique, univoque, dot\u00e9 de contours plus ou moins stables, devient ici une infinit\u00e9 de possibles, une danse de signifiants sans signifi\u00e9 transcendantal, sans principe f\u00e9d\u00e9rateur. Mille romans dans un seul, <em>Univers, univers<\/em> est un livre impossible, \u00e0 la limite de la lisibilit\u00e9. Cette \u00e9tude montrera qu\u2019il est aussi une m\u00e9ditation sur l\u2019interp\u00e9n\u00e9tration du romanesque et de l\u2019existence dite r\u00e9elle, qui ne serait que l\u2019une des possibilit\u00e9s imaginables, toutes \u00e9quivalentes.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><!--nextpage--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Kreho<\/strong> <strong>Vesna<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Sarajevo, Facult\u00e9 des Lettres de Sarajevo<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Th\u00e9\u00e2tre baroque \u2013 th\u00e9\u00e2tre classique : discours passionnel et\/ou discours rationnel<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me propose d\u2019\u00e9tudier la nature des discours baroque et classique dans le th\u00e9\u00e2tre fran\u00e7ais du XVIIe si\u00e8cle, notamment du point de vue de leur caract\u00e8re et leur potentiel affectifs. Ma r\u00e9flexion sera ax\u00e9e sur deux questions principales. La premi\u00e8re, de quelle mani\u00e8re ces deux types de langage th\u00e9\u00e2tral traduisent-ils des \u00e9tats affectifs ? ; la seconde, de quelle mani\u00e8re les sentiments r\u00e9prim\u00e9s ou ext\u00e9rioris\u00e9s, de leur c\u00f4t\u00e9, modifient-ils l\u2019expression linguistique ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Privil\u00e9giant le merveilleux spectaculaire, les jeux d\u2019illusions sc\u00e9niques, l\u2019exub\u00e9rance verbale et le faste de la rh\u00e9torique path\u00e9tique, le langage baroque pr\u00e9f\u00e8re un discours g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et sentencieux, form\u00e9 par la longue tradition oratoire, \u00e0 une expression individualis\u00e9e et subjective.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le th\u00e9\u00e2tre classique, de son c\u00f4t\u00e9, donne la primaut\u00e9 \u00e0 l\u2019expression verbale, puisant sa force dans le pouvoir suggestif de la parole, dans la qualit\u00e9 de la diction, bref, dans la \u00ab magie verbale \u00bb du discours. Mais cette \u00ab parole \u00e9loquente \u00bb n\u2019est jamais abondante, elle est, paradoxalement, une parole r\u00e9prim\u00e9e, encha\u00een\u00e9e, assourdie \u2013 cons\u00e9quence des sentiments refoul\u00e9s dans l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 la plus profonde du sujet parlant \u2013 ce qui se r\u00e9percute in\u00e9vitablement sur leur expression linguistique, sur la qualit\u00e9 de la diction et le dynamisme g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019expression.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019analyse de ces deux types de langages dramatiques et de leur affectivit\u00e9 sera etay\u00e9e d\u2019exemples pris dans des pi\u00e8ces de J. Rotrou, P. de Corneille, J. Racine \u2026<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Michal KRZYKAWSKI<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Sil\u00e9sie (Pologne), Institut des langues romanes et de traduction<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>\u00ab <\/strong><strong>L\u2019Affect qu\u00e9b\u00e9cois : entre le soi et l\u2019autre. Constructions discursives de la subjectivit\u00e9 (post)moderne \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019objectif de cette communication est de m\u00e9diter sur les modes de construction de la subjectivit\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re du discours identitaire qu\u00e9b\u00e9cois que je me proposerai d\u2019analyser \u00e0 travers l\u2019interaction entre la modernit\u00e9 et la postmodernit\u00e9, cette interaction \u00e9tant cruciale pour bien saisir la transformation qu\u2019a subie le champ litt\u00e9raire au Qu\u00e9bec \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980 avec la reconnaissance institutionnelle de l\u2019\u00e9criture migrante et, par cons\u00e9quent, l\u2019av\u00e8nement de la litt\u00e9rature postnationale (Nepveu).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, le discours autour de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, men\u00e9e dans le contexte des valeurs du multiculturalisme canadien, qu\u2019a produit ce changement m\u00e9rite d\u2019\u00eatre analys\u00e9 de plus pr\u00e8s, d\u2019autant plus que la notion d\u2019\u00e9criture migrante elle-m\u00eame tombe trop facilement dans le pi\u00e8ge du recyclage postmoderne et ses mots de passe tels que m\u00e9tissage, hybridation et le nomadisme. Si l\u2019on croit, apr\u00e8s Fredric Jameson, que le postmodernisme se caract\u00e9rise par la disparition de l\u2019affect, de m\u00eame que par la rupture avec la solitude et l\u2019isolement, l\u2019institutionnalisation des productions des \u00e9crivain\u2219e\u2219s immigrant\u2219e\u2219s au Qu\u00e9bec peut \u00eatre lue, paradoxalement, comme prolongement et non pas la fin des grands sentiments modernes. Le d\u00e9sir vers un objet ext\u00e9rieur qui manque (en l\u2019occurence, la souverainet\u00e9 et la lib\u00e9ration du je qu\u2019elle devait entra\u00eener) est remplac\u00e9 par l\u2019affect qui reconna\u00eet ce manque (la lib\u00e9ration du joug colonial n\u2019a eu lieu qu\u2019\u00e9conomiquement) en privil\u00e9giant le mouvement vers l\u2019autre (la mise en discours de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9). Ainsi, l\u2019\u00e9nonciation de la question \u00ab qui suis-je \/ qui sommes-nous \u00bb se substitue \u00e0 la question elle-m\u00eame en donnant lieu \u00e0 des \u00e9changes entre les subjectivit\u00e9s en devenir.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Patrick LEVA\u010cI\u0106<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Zadar, Facult\u00e9 des Lettres<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>La perception mythique dans l&#8217;\u00e9pisode <\/strong><strong><em>Les<\/em><\/strong> <strong><em>richesses<\/em><\/strong> <strong><em>et<\/em><\/strong> <strong><em>les<\/em><\/strong> <strong><em>merveilles<\/em><\/strong> <strong><em>de<\/em><\/strong> <strong><em>Constantinople<\/em><\/strong><strong> de Robert de Cl\u00e9ry<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Robert de Cl\u00e9ry, chevalier pauvre d&#8217;Am\u00e9nois, \u00e9tait un chroniqueur fran\u00e7ais de la IVe croisade. Il a pris part \u00e0 toutes les p\u00e9rip\u00e9ties de la conqu\u00eate de Constantinople. Son \u0153uvre est tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle de Villehardouin: elle n&#8217;en a ni la pr\u00e9cision, ni l&#8217;\u00e9tendue et la s\u00fbret\u00e9 de l&#8217;information. Robert est un imaginatif: les images de ce qu&#8217;il a vu restent fix\u00e9es dans son esprit et il sait les faire voir. Geoffroi de Villehardouin et Robert de Cl\u00e9ry sont \u00e9merveill\u00e9s \u00e0 la vue de Constantinople et l&#8217;\u00e9pisode <em>Les<\/em> <em>richesses<\/em> <em>et<\/em> <em>les<\/em> <em>merveilles<\/em> <em>de<\/em> <em>Constantinople<\/em> est repr\u00e9sentif pour diff\u00e9rencier leurs points de vues. \u00c0 travers une analyse comparative nous allons \u00e9laborer l&#8217;id\u00e9e que la perception de Cl\u00e9ry est plut\u00f4t mythique. Derri\u00e8re sa description de Constantinople apparaissent des \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s \u00e0 la ville de J\u00e9rusalem. Le d\u00e9sir de voir J\u00e9rusalem \u00e0 la place de Constantinople peut s&#8217;expliquer par un fait historique. La quatri\u00e8me croisade s&#8217;\u00e9tait totalement d\u00e9tourn\u00e9e de la Terre Sainte et cela avait heurt\u00e9 beaucoup d&#8217;\u00e2mes pieuses ainsi l&#8217;\u00e2me de Robert de Cl\u00e9ry.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce sens l&#8217;\u00e9pisode <em>Les<\/em> <em>richesses<\/em> <em>et<\/em> <em>les<\/em> <em>merveilles<\/em> <em>de<\/em> <em>Constantinople<\/em> repr\u00e9sente trois domaines qui se superposent: t\u00e9moignage sur la conqu\u00eate, l&#8217;\u00e2me collective des crois\u00e9s et l&#8217;intertextualit\u00e9 mythique entre Constantinople et J\u00e9rusalem.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><!--nextpage--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Veronica NTOUMOS<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 Saints Cyrille et M\u00e9thode &#8211; Facult\u00e9 de philologie \u00ab Blaze Koneski \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Skopje &#8211; R. de Mac\u00e9doine<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Histoire subjective ou subjectivit\u00e9 de l\u2019histoire dans les \u0153uvres de Tran Thi Hao et d\u2019Anna Mo\u00ef<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette contribution a vocation \u00e0 interroger la subjectivit\u00e9 dans sa dimension \u00e9thique au sein des \u0153uvres de litt\u00e9ratures francophones asiatiques. En filigrane \u00e0 la question d\u2019historicit\u00e9, la subjectivit\u00e9 interrog\u00e9e se fera l\u2019\u00e9cho d\u2019une esth\u00e9tique historique issue d\u2019un orientalisme ayant fait le choix de dessiner le contour de son identit\u00e9 litt\u00e9raire par la langue fran\u00e7aise. Si comme le souligne Adorno, il est incapable de penser un d\u00e9ploiement de la subjectivit\u00e9 ind\u00e9pendamment d\u2019une historicit\u00e9, les \u0153uvres des auteurs vietnamiens Anna Mo\u00ef et Tran Thi Hao configurent des mises en sc\u00e8ne singuli\u00e8res d\u2019une conscience du pass\u00e9 sous le prisme d\u2019un regard \u00e9manant de l\u2019int\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien trop souvent oubli\u00e9es des anthologies francophones, ces litt\u00e9ratures francophones asiatiques font entendre leur voix &#8211; qui ne r\u00e9sonnent plus du centre de la M\u00e9tropole &#8211; mais prennent la parole dans la langue du colonisateur et d\u00e9voilent un pass\u00e9, une m\u00e9moire, une histoire qui ont fa\u00e7onn\u00e9 une conscience affective fragment\u00e9e. Vecteurs d\u2019un affect aux horizons pluriels, les \u0153uvres analys\u00e9es, \u00ab La jeune fille et la guerre \u00bb de Tran Thi hao et \u00ab Riz noir \u00bb d\u2019Anna Mo\u00ef convient le lecteur \u00e0 partir sur la route de la \u00ab soie \u00bb dans une version \u00ab retiss\u00e9e \u00bb par les \u00e9crivains francophones asiatiques. Cette revisite de l\u2019histoire \u00ab en marge \u00bb invite \u00e0 une conversion du regard : il ne s\u2019agit plus de focalisation externe mais d\u2019une v\u00e9ritable plong\u00e9e dans une identit\u00e9 affective en filigrane \u00e0 une histoire repens\u00e9e et r\u00e9\u00e9crite en langue fran\u00e7aise.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Tanja PETROV<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paris IV \u2013 Paris Sorbonne<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>La subjectivit\u00e9 par le choix de l\u2019action<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La passion comme \u00ab inclinaison vers un objet que l\u2019on poursuit, auquel on s\u2019attache de toutes ses forces \u00bb peut se manifester \u00e9galement envers une personne, une activit\u00e9, une valeur\u2026 pour devenir associ\u00e9e \u00e0 la conscience de soi, \u00e0 ce qui guide les choix, oriente les valeurs, enthousiasme l\u2019auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s Henri Ey \u00ab \u00eatre conscient c\u2019est [\u2026] disposer d\u2019un mod\u00e8le personnel de son monde \u00bb puisque tout ce qui est fait d\u00e9coule de la conscience du monde int\u00e9rieur d\u00e9j\u00e0 construit et qui alors influence les actions \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Seul un int\u00e9r\u00eat passionn\u00e9 peut vouer le sujet \u00e0 exister pleinement c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer son existence par la conscience. \u00bb Vivre une vie consciente, c\u2019est aussi faire ses choix, exprimer sa personnalit\u00e9, ses envies. Si Hadrien a pu, sous la plume de Yourcenar, mener une vie de b\u00e2tisseur, d\u2019architecte ou \u00eatre un empereur promulguant une politique de paix, c\u2019est aussi parce que la paix \u00e9tait plus qu\u2019une notion abstraite, c\u2019\u00e9tait une valeur personnelle prioritaire qui le place dans une position hautement humaniste pour ne pas dire humanitaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En vue de montrer que la passion et la conscience de soi se manifestent notamment \u00e0 travers les choix effectu\u00e9s y compris celui d\u2019exprimer le soi par \u00e9crit, il est possible de s\u2019attacher \u00e0 illustrer pour Hadrien le choix d\u2019un lieu particulier, le choix de voyager, les actions effectu\u00e9es, la mani\u00e8re d\u2019\u0153uvrer pour la paix.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Bruno RIBEIRO DE LIMA<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 Paris VIII<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Po\u00e9tique et transsubjectivit\u00e9 de \u00ab Les ravag\u00e9s \u00bb, Henri Michaux<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte \u00ab Les ravag\u00e9s \u00bb nous est pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant des \u00ab pages venues en consid\u00e9rant des peintures d\u2019ali\u00e9n\u00e9s \u00bb[1]. Face \u00e0 ce double processus de cr\u00e9ation \u2013 l\u2019\u00e9criture faisant na\u00eetre des tableaux inexistants au sens empirique du terme \u2013 nous voudrions pr\u00e9senter une analyse du processus d\u2019instauration d\u2019une transsubjectivit\u00e9 sp\u00e9cifique \u00e0 cette \u0153uvre d\u2019Henri Michaux. Le concept de transsubjectivit\u00e9, \u00e0 la suite d\u2019Henri Meschonnic, sera utilis\u00e9 dans le sens d\u00e9velopp\u00e9 par G\u00e9rard Dessons, qui est ce de l\u2019art transformant l\u2019individu auteur en sujet et l\u2019individu lecteur en sujet, c\u2019est-\u00e0-dire que nous sommes face \u00e0 une double \u00ab rencontre de subjectivit\u00e9s, que la subjectivit\u00e9 se constitue dans cette rencontre \u00bb[2]. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019inscrire notre proposition dans l\u2019axe \u00ab litt\u00e9rature \u00bb tout en gardant une approche aussi linguistique, car toute analyse litt\u00e9raire r\u00e9v\u00e8le pr\u00e9cis\u00e9ment une conception du langage, de l\u2019homme et de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre d\u00e9marche \u00e9tant po\u00e9tique (Henri Meschonnic), nous allons voir que, \u00ab Les ravag\u00e9s \u00bb, \u00e0 partir de l\u2019analyse focalis\u00e9 notamment sur les d\u00e9ictiques de ce texte, fait la critique de la repr\u00e9sentation, critique du langage en tant qu\u2019outil (Benveniste). Si le discours est le lieu o\u00f9 la subjectivit\u00e9 est maximale, car sa finalit\u00e9 est sa propre invention, le po\u00e8me \u00ab Les ravag\u00e9s \u00bb invente le voir, en m\u00eame temps qu\u2019il invente \u2013 qu\u2019il fait entendre \u2013 le dire, la voix de ces peintures, et de ces \u00ab sujets de l\u2019art \u00bb.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><!--nextpage--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Habiba SEBKHI<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Jyv\u00e4skyl\u00e4-Finlande<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>\u201cJe\u201d: distance int\u00e9rieure et \u00e9tranget\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son roman <em>Un Dieu Un Animal <\/em>(2009), J\u00e9r\u00f4me Ferrari met en sc\u00e8ne un mercenaire qui par d\u00e9finition, contre une forte r\u00e9tribution, participe activement aux guerres des \u00ab autres \u00bb. Lorsqu\u2019il revient dans son village apr\u00e8s une ni\u00e8me mission au Moyen-Orient, il vient de perdre son ami d\u2019enfance, mercenaire comme lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, sans en \u00eatre l\u2019objet, la privatisation et la marchandisation des guerres r\u00e9centes et actuelles, tapissent le cadre d\u2019un r\u00e9cit tout en affects intenses que le personnage semble vouloir retrouver et fuir \u00e0 la fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A ce mouvement paradoxal, participe l\u2019absence du pronom personnel \u00ab je \u00bb, alors m\u00eame que le r\u00e9cit est \u00e0 caract\u00e8re autodi\u00e9g\u00e9tique. C\u2019est en fait le pronom \u00ab tu \u00bb qui m\u00e8ne la narration, comme une voix off cin\u00e9matographique, une conscience d\u00e9sincarn\u00e9e, voire une \u00e2me tant le lexique religieux est pr\u00e9gnant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre propos se penchera sur cette impossibilit\u00e9 du \u00ab je \u00bb. Par-del\u00e0 la parent\u00e9 de tonalit\u00e9 avec l\u2019\u00e9criture de Camus dans <em>l\u2019Etranger<\/em>, on cherchera surtout \u00e0 explorer les outils litt\u00e9raires mis en \u0153uvre chez Ferrari pour marquer la distance int\u00e9rieure d\u2019une subjectivit\u00e9 qui abandonne sa voix \u00e0 un \u00ab tu \u00bb pour la raconter dans une construction de phrases sans parole. Ce faisant, on se demandera comment la faillite du \u00ab je \u00bb n\u2019est pas, entre autres, une m\u00e9taphore d\u2019une faillite du sens : le fil discursif, d\u2019abord discontinu, est finalement rompu par le suicide du personnage.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Djurdja SINKO-DEPIERRIS<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Zadar, Croatie<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>\u00ab La hi\u00e9rarchie des sens et des amours dans le <em>Commentaire sur <\/em>Le Banquet de Platon ou De l\u00b4Amour de Marsile Ficin \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son <em>Commentaire<\/em> <em>sur<\/em> Le Banquet<em> de Platon <\/em>ou De l\u00b4Amour (1469), le philosophe florentin \u00e9tablit la hi\u00e9rarchie des sens qui co\u00efncide avec celle des amours. \u00c0 la vue, \u00e0 l\u00b4ou\u00efe et \u00e0 la raison, qui sont du domaine de l\u00b4esprit, sont oppos\u00e9es les trois autres puissances, odorat, go\u00fbt et toucher, qui rel\u00e8vent du corps et de la mati\u00e8re et auxquelles est refus\u00e9e la connaissance de la beaut\u00e9. L\u00b4homme poss\u00e8de la sensibilit\u00e9 qui atteint, \u00ab par les cinq organes du corps \u00bb, les images et les qualit\u00e9s des corps : couleurs par les yeux, sons par les oreilles, odeurs par le nez, saveur par la langue, et chaleur ou froid par les nerfs. Pour la question qui nous int\u00e9resse, on d\u00e9nombre ainsi six puissances de l\u00b4\u00e2me qui servent \u00e0 la connaissance : la raison, la vue, l\u00b4ou\u00efe, l\u00b4odorat, le go\u00fbt et le toucher. Log\u00e9e dans la partie \u00e9lev\u00e9e du corps, la vue per\u00e7oit la lumi\u00e8re ; l\u00b4ou\u00efe, qui vient \u00e0 la suite de la vue, re\u00e7oit les sons produits par \u00ab une d\u00e9chirure de l\u00b4air et sont port\u00e9s par l\u00b4interm\u00e9diaire de l\u00b4air jusqu\u00b4\u00e0 nos oreilles \u00bb. A cette hi\u00e9rarchie des sens correspond la configuration ficinienne des amours : l\u00b4amour humain, r\u00e9duit aux plaisirs de la vue et corr\u00e9lativement de l\u00b4ou\u00efe (\u00ab <em>amour est toujours r\u00e9serv\u00e9 \u00e0<\/em> <em>l\u00b4esprit, aux yeux et aux oreilles<\/em> \u00bb) se trouve ainsi plac\u00e9 au centre, entre l\u00b4amour divin, fait de contemplation, et l\u00b4amour bestial, marqu\u00e9 par le toucher. On peut y d\u00e9celer l\u00b4influence des po\u00e8tes proven\u00e7aux, mod\u00e8les de P\u00e9trarque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Sylvain TANQUEREL<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 d&#8217;\u00c5bo Akademi (Turku, Finlande)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>\u00ab Passionn\u00e9ment \u00bb : sujet lyrique et oralit\u00e9 critique dans le po\u00e8me de Gh\u00e9rasim Luca<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab Passionn\u00e9ment \u00bb, le po\u00e8me de Gh\u00e9rasim Luca (1913-1994) bouleverse le r\u00e9gime lyrique de la d\u00e9claration amoureuse. A la conception romantique commun\u00e9ment associ\u00e9e au lyrisme passionnel (expression\/\u00e9panchement d&#8217;un sujet personnel), sa pratique du b\u00e9gaiement po\u00e9tique, dont Gilles Deleuze pr\u00e9cisait qu&#8217;il est \u00ab un affect de la langue et non pas une affection de la parole \u00bb, oppose l&#8217;\u00e9mersion, dans le pas \u00e0 pas du po\u00e8me et la pouss\u00e9e d&#8217;une n\u00e9gation, d&#8217;une subjectivit\u00e9 amoureuse qui se (r\u00e9-)invente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si sa composition remonte \u00e0 1945 (et s&#8217;inscrit dans le cadre du programme \u00ab non-\u0153dipien \u00bb de Luca), c&#8217;est dans l&#8217;ensemble de textes o\u00f9 il fut publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en France que nous nous emploierons \u00e0 situer le po\u00e8me. <em>Le Chant de la carpe<\/em> (1973) permet en effet d&#8217;entendre \u00e0 la fois sa dimension proprement parodique, contre-chant qui pr\u00e9cipite le topos romantique d&#8217;une envol\u00e9e lyrique de la parole, et son silence singulier, \u00ab envers hautain du vacarme \u00bb par lequel le travail po\u00e9tique de Luca (la po\u00e9sie comme \u00ab silensophone \u00bb) dissout l&#8217;ordre du langage pour s&#8217;engager dans la mati\u00e8re de la langue. Passant le sujet lyrique au crible d&#8217;une oralit\u00e9 critique, et \u00ab la parole \u00e0 l&#8217;acte \u00bb, les implications vocales et corporelles de ce travail (\u00ab rites du souffle \u00bb, dit Luca) en manifestent enfin la valeur th\u00e9\u00e2trale, dont t\u00e9moigne l&#8217;ex\u00e9cution du po\u00e8me lors de ses r\u00e9citals\/performances.<br class=\"none\"><!--nextpage--><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Cristiana Nicola TEODORESCU<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Craiova, Roumanie<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Stupeur et tremblement d\u2019Am\u00e9lie Nothomb : une analyse des marques de la subjectivit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019article propose une analyse des marques de la subjectivit\u00e9 dans le roman <em>Stupeur et tremblement<\/em> d\u2019Am\u00e9lie Nothomb. L\u2019auteur fait preuve d\u2019une \u00e9criture tr\u00e8s dense et limpide, et en m\u00eame temps, charnelle. Une \u00e9criture qui n\u2019est jamais statique, mais en permanente gestation s\u00e9mantique. Une \u00e9criture qui reste la manifestation concr\u00e8te, palpable d\u2019un besoin imp\u00e9rieux d\u2019(auto)manifestation et d\u2019un d\u00e9sir ardent d\u2019(auto)connaissance. Notre objectif est de comprendre quels sont les m\u00e9canismes de l\u2019expression de la subjectivit\u00e9 dans l\u2019\u00e9criture d\u2019Am\u00e9lie Nothomb, cet \u00e9crivain d\u2019une qualit\u00e9 incontestable pour lequel \u00abl\u2019id\u00e9e du bonheur\u00bb est repr\u00e9sent\u00e9e par \u00abl\u2019\u00e9criture\u00bb. Les m\u00e9canismes r\u00e9f\u00e9rentiels, les expressions contextuelles, la localisation temporelle, les subjectiv\u00e8mes sont analys\u00e9s, tout en comparant la version originale et la traduction en roumain (<em>Uimire si cutremur<\/em>, Bucuresti, Polirom, 2006, traduction Dragos Bobu) pour voir quels sont les m\u00e9canismes langagiers de la subjectivit\u00e9 en fran\u00e7ais et quels sont les possibilit\u00e9s de transposition en roumain. Les m\u00e9thodes descriptive et contrastive sont utilis\u00e9es pour rendre compte de cet investissement personnel de l\u2019auteur dans ses romans, car Am\u00e9lie Nothomb affirme que \u00abJe m\u2019investis autant dans chacun de mes livres. Il y a de moi dans chacun d\u2019eux\u00bb. Il y a de l\u2019autobiographie, il y a de la fiction, mais, dans tous les cas, cette identification avec ses personnages et ses livres fait d\u2019Am\u00e9lie Nothomb un \u00e9crivain qui ne met pas de barri\u00e8re entre sa vie et sa cr\u00e9ation, sa cr\u00e9ation \u00e9tant sa vie enti\u00e8re. D\u2019o\u00f9 cette forte marque de subjectivit\u00e9 qui traverse son \u00e9criture et qui la rend si charnelle.<strong> <br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong> <span style=\"font-size: 16px;\">Toussaint Ondoua HERV\u00c9 <\/span> <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 1, Cameroun<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Jacques Derrida et l`it\u00e9rabilit\u00e9 du texte<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quel est l\u2019enjeu de l\u2019\u00e9criture dans la pens\u00e9e de Derrida ? C\u2019est \u00e0 cette question que s\u2019att\u00e8le \u00e0 r\u00e9pondre notre communication. A partir d\u2019une approche de l\u2019analyse textuelle, il est question de montrer que la pratique de l\u2019\u00e9criture derridienne, appara\u00eet comme une logique de la \u00ab diff\u00e9rance \u00bb et de la \u00ab trace \u00bb. Derrida met en exergue une autre \u00e9criture. Celle-ci n\u2019est plus transcription ou mat\u00e9rialisation de la parole, expression d\u2019un vouloir-dire. D\u00e8s lors, l\u2019\u00e9criture ne repose pas sur l\u2019intention mais sur l\u2019\u00ab it\u00e9rabilit\u00e9 \u00bb. Elle peut s\u2019exercer ind\u00e9pendamment d\u2019un agent signifiant. Derrida milite donc pour une pens\u00e9e du signe d\u00e9tach\u00e9 de son origine locutoire, et ramen\u00e9 \u00e0 sa trace graphique : le lecteur a face \u00e0 lui non pas une intention, mais bien plut\u00f4t un signe graphique, ce graphe \u00e9tant une trace d\u2019un vouloir dire diff\u00e9r\u00e9, et cette trace se r\u00e9it\u00e8re ind\u00e9finiment, sans qu\u2019il ne soit possible d\u2019assigner \u00e0 celle-ci un commencement, ni une fin, car entam\u00e9 par la \u00ab diff\u00e9rance \u00bb. Ainsi, L\u2019 \u00ab it\u00e9rabilit\u00e9 \u00bb qui fonde la d\u00e9contextualisation et l\u2019absence du locuteur n\u2019est-elle pas source du constructivisme social et du poststructuralisme ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Elena VELESCU<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Sciences Agricoles et M\u00e9decine V\u00e9t\u00e9rinaire \u00ab Ion Ionescu de la Brad \u00bb Iasi, Roumanie<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Le concept de la ruine au XVIIIe si\u00e8cle dans l\u2019espace litt\u00e9raire franco-allemand entre fascination du regard et affectivit\u00e9 dans sa repr\u00e9sentation<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fascination pour les ruines conna\u00eet un vif int\u00e9r\u00eat au XVIIIe si\u00e8cle avec l\u2019essor des grandes expeditions des voyageurs comme Goethe, Volney, Chateaubriand, l\u2019Abbe de Saint-Non et d\u2019autres, la popularit\u00e9 de cette litt\u00e9rature de voyage qui d\u00e9crit les ruines et les pays exotiques (en particulier la Gr\u00e8ce, l\u2019Egypte, les villes anciennes de Palmyra et Baal-bek en Syrie), l\u2019\u00e9tude de l\u2019arch\u00e9ologie qui a conduit aux d\u00e9couvertes d\u2019Herculanum (1738), puis de Pomp\u00e9i (1748), des \u00e9v\u00e9nements comme le tremblement de terre de Lisbonne (1755) dont les d\u00e9bris inspireront Jacques Philippe Le Bas (1707-1783) dans une magistrale collection (<em>Recueil des plus belles ruines de Lisbonne caus\u00e9es par le tremblement et par le feu du premier Novembre 1755<\/em>), mais surtout le d\u00e9veloppement de l\u2019esth\u00e9tique du pittoresque qui sera responsable pour la conversion des ruines comme symbole de la d\u00e9cadence dans un objet de contemplation qui inspirera une complexe m\u00e9ditation sur le devenir humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous nous sommes interrog\u00e9 sur ce qui fait la diff\u00e9rence entre ruines et simples d\u00e9bris, quel est le regard port\u00e9 sur la ruine \u00e0 cette p\u00e9riode et surtout quelles sont les profondes r\u00e9percussions de ces mutations dans l\u2019axe temps-histoire-nature, lorsque le spectacle des ruines peut nous donner fugitivement l\u2019intuition d\u2019un temps pur, d\u2019 \u00ab un temps sans histoire \u00bb (Aug\u00e9, 2003).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019exp\u00e9rience de la destruction, \u00e0 laquelle elle nous expose, la ruine nous fait \u00e9galement appr\u00e9hender la possibilit\u00e9 du reconstruire. Ecrire devient alors un acte qui fait remonter ces fragments ou ruines int\u00e9rieures pour reconstruire quelque chose, ce qui persiste d\u2019un d\u00e9sastre imm\u00e9morial.<br class=\"none\"><!--nextpage--><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Denis VIENNET<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Metz<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>\u00ab Affectivit\u00e9 et subjectivit\u00e9 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la \u00ab crise \u00bb contemporaine du sujet qu\u2019il importe d\u2019ancrer ce questionnement. Quelque nom qu\u2019on lui donne (malaise, asth\u00e9nie, fatigue d\u2019\u00eatre soi, d\u00e9pression), le \u00ab soi \u00bb est d\u00e9sormais frapp\u00e9 par un mal\u00eatre, qui est une forme de crainte, d\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 se projeter vers un avenir esp\u00e9r\u00e9 comme meilleur. Ce mal\u00eatre serait le revers exact de la m\u00e9daille des nouveaux imp\u00e9ratifs du syst\u00e8me techno-\u00e9conomique, qui tend \u00e0 faire de l\u2019humain et de la connaissance un produit \u00e9changeable sur un march\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Or, ce qu\u2019il s\u2019agirait d\u2019\u00e9tudier \u00e0 l\u2019occasion de ce colloque est : comment ce qui est cibl\u00e9 par ce syst\u00e8me aujourd\u2019hui est un \u00ab quelque chose \u00bb \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019humain, sa part ou son \u00ab <em>reste d\u2019enfance<\/em> \u00bb, l\u2019affectivit\u00e9, inarticul\u00e9e, exc\u00e9dant le langage articul\u00e9, la \u00ab communication \u00bb. Comment comprendre et entendre cette \u00ab chose \u00bb \u00ab inhumaine \u00bb pourtant au-dedans de l\u2019humain ? Et qu\u2019en est-il vraiment dans un monde o\u00f9 le management entrepreneurial, avec ses ordres de calcul et de programmation, de mobilisation g\u00e9n\u00e9rale, vise \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer jusqu\u2019\u00e0 ce qui en l\u2019humain est \u00e0 la fois le plus intime et le plus \u00e9tranger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous interrogerons cette menace portant sur la constitution du soi (et de ce qui en soi est tout autre que soi), et poserons la question cruciale de la <em>r\u00e9sistance<\/em>, artistique, \u00ab litt\u00e9raire \u00bb, aujourd\u2019hui.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Frano VRAN\u010cI\u0106<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Zadar<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>La dualit\u00e9 dans <em>L\u2019Apr\u00e8s-midi d\u2019un faune<\/em> de St\u00e9phane Mallarm\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu\u2019on \u00e9voque la figure du ch\u00e8vre-pied, un po\u00e8me du XIXe si\u00e8cle vient d\u2019embl\u00e9e \u00e0 l\u2019esprit du lecteur : <em>L\u2019Apr\u00e8s-midi d\u2019un faune.<\/em> C\u2019est une figure mythologique qui poss\u00e8de des pieds de ch\u00e8vre, ainsi que de petites cornes sur le front, mais dont le torse et la t\u00eate sont d\u2019un \u00eatre humain. Cependant la dualit\u00e9 de son \u00eatre est plus suptile \u00e0 percevoir sur un plan spirituel. Le faune est ecartel\u00e9 entre ses pulsions animales, celles de l\u2019\u00e9rotisme, qui vont le pousser \u00e0 se lancer \u00e0 la poursuite des nymphes, celles qui l\u2019encha\u00eenent \u00e0 la mati\u00e8re et ses aspirations humaines, celles qui font de lui un \u00eatre poss\u00e9dant une \u00e2me, attir\u00e9 par l\u2019Id\u00e9al, par l\u2019Art, dont sa fl\u00fbte est le symbole. Tout cela fait de lui un double potentiel du po\u00e8te, son porte-parole et surtout une figure de l\u2019homme d\u00e9chir\u00e9 entre des p\u00f4les oppos\u00e9s, entre r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9, entre Art et \u00e9rotisme, entre \u00e2me et mati\u00e8re. L\u2019homme est un \u00eatre partag\u00e9, esprit et corps luttent dans son \u00eatre pour la pr\u00e9s\u00e9ance. On comprend d\u00e8s lors les possibilit\u00e9s d\u2019identification infinies qui peuvent se d\u00e9velopper autour de la figure hybride et double du faune, figure qui a en outre le m\u00e9rite pour l\u2019homme d\u2019offrir une repr\u00e9sentation symbolique qu\u2019il per\u00e7oit en lui. Le faune permet la visualisation d\u2019une tension qui pour l\u2019homme est int\u00e9rieure. De plus, le faune choisi par Mallarm\u00e9 concilie les contraires, quels qu\u2019ils soient. Il devient pour l\u2019homme une figure rassurante, apaisante, qui rend son existence d\u00e9chir\u00e9e supportable.<br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><br class=\"none\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\"><strong>Maja ZORICA VUKU\u0160I\u0106<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Universit\u00e9 de Zagreb, Facult\u00e9 de lettres et de philosophie<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><strong>Le deuil de Barthes \u2013 De la rh\u00e9torique et la mort<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le <em>Journal de deuil <\/em>de Barthes essaie de dire le deuil provoqu\u00e9 par la disparition de la m\u00e8re, qui n\u2019y est pas seulement un concept m\u00e9tonymique &#8211; elle est <em>la <\/em>g\u00e9n\u00e9ratrice du discours. Le narrateur, l\u2019endeuill\u00e9, risque tout \u2013 la tentation de la rh\u00e9torique, omnipr\u00e9sente, plane sur le texte qui pourrait n\u00e9anmoins se lire \u00e0 la lumi\u00e8re de la formule de Blanchot, \u00ab la litt\u00e9rature et le droit \u00e0 la mort \u00bb (Marty).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout discours sur la M\u00e8re semble n\u00e9cessairement relever d\u2019un d\u00e9sir de monumentalisation (Gide, Saint-Exup\u00e9ry, Cohen) ou de son contraire (Genet, Bataille). L\u2019habit bleu de Werther semble fait sur mesure pour Barthes, mais, il s`agit ici de \u00ab l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un livre d\u00e9sir\u00e9\u00bb par l`auteur (L\u00e9ger).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les derni\u00e8res pages de sa <em>Lettre au p\u00e8re<\/em> (qu\u2019analyse Derrida dans <em>Donner la mort), <\/em>Kafka \u00e9crit ce qu\u2019il pense que son p\u00e8re aurait <em>voulu, d\u00fb, en tout cas aurait pu <\/em>lui adresser. Dans <em>La Chambre claire<\/em>, Barthes accomplit un acte de po\u00e9tisation extr\u00eame, orphique, pour \u00e9treindre l\u2019inali\u00e9nable essence de la m\u00e8re : \u00ab \u00e7a a \u00e9t\u00e9 \u00bb (La Photographie du Jardin d`Hiver). Nous sommes bien dans le roman, non pas au sens de l\u2019imagination ou du romanesque, mais au sens du r\u00e9el comme objet de d\u00e9sir, que l\u2019on fait advenir au travers des exp\u00e9riences profanes, quotidiennes, communes (<em>Le\u00e7on)<\/em>. C\u2019est le pouvoir de compassion du Roman (<em>Longtemps, je me suis couch\u00e9 de bonne heure) <\/em>dont le mod\u00e8le \u00e9tait le dialogue de Bolkonski avec sa fille Marie (<em>Guerre et paix)<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, qu\u2019ai-je droit d\u2019\u00e9crire \u00e0 propos de la M\u00e8re ? Antimoderne depuis longtemps (Baudelaire, Rimbaud), elle est \u00e9videmment le grand objet (figure, ombre, spectre ?) impossible de toute litt\u00e9rature (Saint Augustin). Barthes, grand lecteur de Sade, celui pour qui le Neutre du plaisir est \u00ab la forme la plus perverse du d\u00e9moniaque \u00bb (<em>Le Plaisir du texte<\/em>), refuse le renversement pervers de la M\u00e8re comme acc\u00e8s moderne \u00e0 sa saintet\u00e9 (Baudelaire, Genet, Bataille). Tout en rejoignant Proust, Barthes affirme, en suivant Stendhal, qu\u2019<em>On \u00e9choue toujours \u00e0 parler de ce qu\u2019on aime<\/em>. Et cet \u00e9chec fait toute la diff\u00e9rence.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recueil des r\u00e9sum\u00e9s ( Pdf 700 KB ) &nbsp; Anti\u0107 Varja BAL\u017dALORSKY Universit\u00e9 de Ljubljana, Facult\u00e9 des Arts Subjectivit\u00e9 et affectivit\u00e9 dans le po\u00e8me La communication abordera l&#8217;articulation la subjectivit\u00e9 et de l&#8217;affectivit\u00e9 dans le po\u00e8me, question qui a pr\u00e9occup\u00e9, on le sait, la majorit\u00e9 des th\u00e9ories de la po\u00e9sie dans l\u2019histoire. 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