Recueil des résumes PDF (3,2 MB)

Francontraste 2010










DAMIĆ BOHAČ Darja (Université de Zagreb, Faculté des Sciences humaines et sociales)

 

Symétries et asymétries syntaxiques des schémas de complémentation verbale en français et en croate

 

Cette intervention est consacrée à l`étude des schémas de complémentation verbale en français et en croate qui sera située dans le cadre de la transitivité interprétée comme propriété d`un verbe à être suivi d`un syntagme nominal ou prépositionnel à valeur d`objet. Seront considérés intransitifs seulement les verbes excluant la présence d`un complément d`objet.
Ces fonctions nominales objets sont pronominalisables:

(1) construites directement, par les formes de l`accusatif du pronom personnel dans les deux langues;

(2) construites indirectement:
- par les formes datives non prépositionnelles (lui, leur) dans le cas d` un complément en à N  auquel correspond un datif non prépositionnel en croate;   
- par les formes disjointes prépositionnelles auxquelles en croate correspondent des compléments à un des cas obliques prépositionnels (génitif, datif, accusatif, locatif, instrumental)  ou non prépositionnels (génitif, datif, instrumental).
Nous nous proposons de présenter les degrés de correspondances des types de complémentation verbale dans les deux langues allant de la symétrie syntaxique (les verbes regarder et gledati qui régissent un objet direct : regarder quelque chose et gledati što; les verbes ressembler et sličiti - un objet indirect datif : ressembler à quelqu`un et sličiti komu, les verbes penser et misliti - un objet indirect : penser à quelqu`un et misliti na koga)  à l`asymétrie des verbes transitifs directs en français (admirer, menacer, remercier quelqu`un) dont les équivalents sont indirects à complément datif en croate (diviti se, prijetiti, zahvaliti komu) ou bien à l`asymétrie des verbes transitifs indirects en français (changer, s`apercevoir de  quelque chose) dont les équivalents sont directs en croate (promijeniti, primijetiti što)

 

 

 

 

DESNICA Mirta
(Université de Zagreb, Faculté des Sciences humaines et sociales / Université Jean Moulin Lyon 3, Faculté des langues)

 

Cool ! Les propriétés textuelles et pragmatiques des énoncés en anglais (et pseudoanglais) dans la presse féminine française

 

Les emprunts à la langue anglaise ont suscité l’intérêt de nombreux linguistes français et étrangers et on fait l’objet de nombre d’ouvrages lexicologiques (Pergnier 1989, Walter 2001, 1997, Hagège 1989, etc.), lexicographiques (Rey-Debove et Gagnon 1980, Tournier 1998, etc.), polémiques (Étiemble 1964, Daguet 1984, Gilder 1993, etc.), etc. Cette étude s’inscrit dans le cadre de l’analyse du discours et de la pragmatique linguistique. Elle a pour objet d’analyse les propositions énoncées en anglais (ou pseudoanglais) au sein des articles de la presse féminine française (par ex. So sweet ! Next ! Girl power !, etc.) que nous proposons d’appeler « énoncées fashion ». En nous appuyant sur la théorie de la linguistique textuelle de Jean-Michel Adam (1990, 1999, 2005), nous examinons le rôle des énoncés fashion dans la structuration du texte, dans la thématisation et la cohésion textuelle. Nous étudions par ailleurs la prise en charge énonciative et la valeur illocutoire de ces énoncés.
L’analyse de notre corpus de magazines féminins français montre que la majorité des énoncées fashion constituent le titre ou la chute de l’article. Ils remplissent une fonction d’introduction thématique ou de rethématisation de l’information donnée dans le titre, ce qui contribue à la cohésion du texte. Les énoncés fashion sont porteurs de nombreuses marques affectives et axiologiques et ont le plus souvent une valeur illocutoire expressive. Ils représentent des lieux de manifestation de l’ethos de l’énonciateur et ont donc un rôle important dans la construction de son représentation par le co-énonciateur. Parfois ils mettent en scène la voix de la lectrice, d’un chanteur ou de la star en question et contribuent ainsi à la création d’une ambiance de complicité et de communauté (langagière).

 

 

 

 

 

DESOUTTER Cécile
(Università di Bergamo, Dipartimento di Lingue, Letterature, Culture comparate)

 

Français langue étrangère et choix du médium dans la communication à distance en entreprise

 

Les technologies de l’information et de la communication contribuent à modifier les notions d’espace physique et temporel. Dans un contexte d’internationalisation des entreprises, elles facilitent les échanges verbaux en apportant des supports de plus en plus variés en mesure de créer, paradoxalement, une proximité et une présence, alors que les espaces géographiques sont distants et que les rythmes de travail ne sont pas concordants. Nous nous intéressons ici à l’usage du français en Italie dans la communication d’entreprise et cherchons à comprendre le sens que des locuteurs alloglottes donnent à la communication par téléphone ou par courrier électronique. Nous nous demandons en particulier dans quelle mesure le fait de communiquer en français langue étrangère influence le recours à un médium plutôt qu’à un autre. Nous tentons d’apporter des éléments de réponse à partir de l’analyse de discours recueillis dans le cadre d’entretiens approfondis avec des individus basés en Lombardie (Italie du nord), qui, dans le cadre de leur activité professionnelle, interagissent à distance avec d’autres individus situés dans l’espace francophone. De cette analyse, il ressort que la maîtrise du français est un élément qui entre en compte dans le choix du médium mais qu’il se combine à d’autres éléments relevant de l’implication du scripteur, de l’efficacité du médium ou de la traçabilité du message.

 

 

 

 

 

GAUCHOLA Roser
(Universitat Autònoma de Barcelona, Département de Philologie Française et Romane)

 

Approche contrastive français-espagnol de la structuration de l’espace au plan grammatical

 

Il semble communément admis de nos jours que la comparaison et le contrastivisme constituent des méthodologies de recherche linguistique particulièrement fécondes de par leur pouvoir aussi bien heuristique qu’explicatif. Appliquées aux analyses interlinguistiques, ces approches permettent en effet de faire émerger des phénomènes qui, tout en étant transparents dans certaines langues, semblent moins directement observables dans d’autres du fait même de leur manifestation opaque.
Dans cette perspective à la fois comparative et contrastive, nous présenterons une recherche (réalisée dans le cadre d’un projet de recherche subventionné par le Ministerio de Ciencia y Tecnología espagnol, ref. HUM2007-61648) sur l’expression de l’espace dans deux langues typologiquement proches et génétiquement apparentées, le français et l’espagnol, aussi bien dans sa dimension statique (la localisation stricto sensu) que dans sa composante dynamique (i.e. le déplacement) à partir de l’analyse de différentes structures verbales prédicatives : {verbe statif + complément statif} et {verbe de déplacement + complément de destination}. L’analyse réalisée permettra de montrer en quoi la structuration de l’espace varie d’une langue à l’autre et d’aborder les implications didactiques des différences interlinguistiques observées.

 

 

 

 

 

HAILON Fred (Université de Poitiers, Laboratoire Forell)

 

L’espace médiatique, un espace discursif et idéologique stéréotypé

 

Notre proposition de communication s’inscrit dans la perspective de la linguistique de l’énonciation. Notre approche est métalinguistique et concerne l’espace discursif journalistique. Plus précisément, elle porte sur les variations des valeurs de certains faits de langue en discours. Ces variations se réalisent différemment en chacun des supports. Elles s’effectuent dans le contexte des thèses sécuritaires en France et conduisent à de possibles réserves ou confirmations des thèses en circulation.
À partir du modèle théorique de Jacqueline Authier-Revuz, l’observation de faits d’hétérogénéité de formes marquées (guillemets, italiques) ou de formes implicites dans le discours permet de poser la question de l’interprétation entre traces des circulations discursives et/ou pointage, dans les mots à soi, d’un rapport problématique du mot et de la chose. Ce rapport qui s’appuie sur des modalisations autonymiques interprétatives, c’est-à-dire balisées, mais sans glose, est propice à l’ambiguïté énonciative et à la circulation idéologique des discours. C’est par cette ambivalence entre lecture interprétative et pointage d’un rapport « mots-choses », le rapport à une réalité « vraie », que la circulation idéologique semble se diffuser le plus efficacement. C’est méthodologiquement par l’analyse et par l’interprétation de modalisations autonymiques interprétatives qu’il nous a semblé possible d’observer des inscriptions et/ou des références à l’idéologie du Front national (parti de l’extrême droite française) dans l’espace du discours de presse, ainsi que d’observer des phénomènes d’identification ou de contre-identification par rapport aux représentations sociales stéréotypées véhiculées.
Notre corpus est constitué de différents articles de la presse quotidienne française quelques mois avant les élections présidentielles de 2002. Il a trouvé sa forme autour du thème de l’insécurité. Avant de devenir un sujet de campagne, c’est-à-dire un sujet de politique générale, l’insécurité était un thème défendu par le Front national.